Optimisation de l’énergie : ECOCIR, vers plus d’efficacité énergétique au service de la croissance verte

Porté depuis plus de 4 ans par le SIVERT de l’Anjou, en collaboration avec la Communauté de Communes Baugeois Vallée, le Siéml (Syndicat intercommunal d’énergies du Maine-et- Loire) et l’ensemble des partenaires, le projet ECOCIR (pour ECOnomie CIRculaire) est un projet d’envergure exploitant la chaleur non valorisée (chaleur dite « fatale ») de l’Unité de Valorisation Énergétique.

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Optimisation de l’énergie
via la récupération de la chaleur fatale

VERS UNE VALORISATION MAXIMALE DE L’ÉNERGIE A L’UVE SALAMANDRE

Lorsque l’UVE Salamandre produit de l’électricité, une quantité importante de chaleur se disperse dans la nature
(220 000 MWh). Pour y remédier, l’idée a émergé d’identifier un acteur capable de consommer une énergie basse température (autour de 55 °C). Après avoir exploré plusieurs pistes, le syndicat et la Communauté de Communes Baugeois Vallée, en concertation avec l’exploitant SAVED, ont décidé d’utiliser cette énergie pour chauffer des serres de tomates. Les premières serres ont été mises en service fin 2021.

Depuis fin 2021, l’UVE produit donc de l’électricité et de l’énergie thermique à partir d’une même source d’énergie (ici, la valorisation énergétique des ordures ménagères).

Au démarage de l’exploitation des serres, l ’UVE produit localement et simultanément, d ’une part de l’électricité
(70 000 MWh) via un groupe turbo-alternateur, revendue à EDF, et valorise de la chaleur fatale (21 700 MWh) pour les 7 premières serres.

 

UNE DÉMARCHE INNOVANTE

Dans ce projet,le SIVERT assure la mise en oeuvre technique de la fourniture d’énergie. Un hydrocondenseur est installé depuis septembre 2021 à l’UVE Salamandre afin de récupérer, en aval de la turbine, la chaleur qui jusqu’ici se dispersait dans l’atmosphère.

L’eau chaude produite par le biais d’un échangeur thermique est acheminée depuis l’UVE jusqu’aux serres via un réseau enterré. Elle circule ensuite dans des tuyaux disposés entre les rangs de tomates.

2,5 millions d’euros ont été investis par le SIVERT dans ce projet, soutenus financièrement par les Certificats d’Economies d’Energie (CEE). Ce mécanisme de compensa tion est financé par les grands producteurs de CO2 et vise à encourager les initiatives locales d’excellence en matière de transition énergétique.

Il permet par ailleurs d’optimiser la valorisation énergétique de l’Unité et donc de pérenniser la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) la plus faible et d’assurer un coût de traitement à la tonne très compétitif, l’un des plus faibles de France. En 2021, 67,75 € HT/tonne (57 640,94 T).

L’obligé du dispositif CEE est TOTAL, dans le cadre d’une convention dite en faveur de la promotion des économies d’énergies signée le 3 mai 2020.

LES SERRES DE LA SALAMANDRE

L’installation comprend un bloc de serres en verre de 41 000 m2 de près de sept mètres de haut, ainsi qu’un bâtiment de 3 000 m2 réservé à la zone technique, au conditionnement et à l’expédition.

Les serres de la Salamandre offrent plusieurs dispositifs des tinés à optimiser la production des tomates grappe tout en améliorant leurs impacts environnementaux. L’hydroponie permet une culture hors-sol, où la terre est remplacée par un substrat neutre et inerte à 80 cm du sol.

L’irrigation se fait via un système de goutte à goutte, pour une utilisation mesurée et optimale de l’eau. Un bassin de 90 000 m3 permet de stocker les eaux de forage en période hivernale, et de récupérer les eaux pluviales tout au long de l’année pour alimenter les cultures.

LA CRÉATION D’EMPLOIS

L’éco-serre est un projet à forte dimension environnementale et sociétale. Par la production d’une énergie renouvelable à un coût optimisé, le SIVERT de l’Anjou renforce l’attractivité du territoire en favorisant l’implantation de nouvelles activités économiques et l’emploi local dans cette zone rurale.

Pour la première phase de 4 hectares de serres, ce sont une cinquantaine d’emplois qui ont été créés sur le site, et ce grâce à une action commune avec la Communauté de Communes Baugeois Vallée. À terme, ce seront plus de 7 hectares en 2024 avec la création de plus de 100 emplois.

UNE DÉMARCHE D’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

La problématique de l’interruption du chauffage des serres lors des arrêts techniques de l’UVE s’est rapidement transformée en opportunités pour le territoire :

• Raccordement au réseau de gaz naturel et construction
d’une chaufferie gaz, une énergie de secours pour pallier aux éventuelles pannes et arrêts techniques de l’usine grâce au partenariat avec le Siéml.

• Ouverture d’une station GNV en 2022 (Gaz Naturel pour Véhicules). À terme, les camions bennes, acheminant les ordures ménagères vers l’Unité de Valorisation Énergétique, fonctionneront au GNV et se ravitailleront à proximité de l’Unité. Une alternative imposée dans le prochain marché de transport des déchets, dès septembre 2021.

• Création future d’une station de deux unités de méthanisation portées par les agriculteurs du Noyantais et du Baugeois.

• Projet de mobilité Mobil’Ethic, qui a pour objectif d’accompagner les salariés des zones rurales dans leur mobilité.