Les biodéchets, composés de déchets alimentaires et de déchets verts, sont biodégradables et non dangereux. Leur valorisation par le compostage, la méthanisation ou encore avec des poules ou des lapins, elle permet de réduire notre impact environnemental et la quantité de déchets de nos poubelles. Aujourd’hui, des solutions locales et efficaces se développent pour faciliter leur tri et leur traitement (composteurs, collecte des biodéchets, méthaniseurs).
Le cercle vertueux de la matière organique
Le tri des biodéchets tend vers une économie circulaire où les déchets deviennent une nouvelle ressource, tout en limitant les impacts sur l’environnement. Les matières organiques retournent à la terre et créent un nouveau cycle de production et cela à l’infini.
PRÉSERVER LA RICHESSE DE NOS SOLS
Aujourd’hui, 60% des sols sont fragilisés par les activités humaines : agriculture intensive, déforestation, expansion des villes… Le retour au sol de matières organiques contribue au maintien de leur fertilité, protégeant ainsi la biodiversité.
Le compost apporte aux végétaux les principaux minéraux (azote, phosphore, potassium) indispensables à leur croissance. Il retient mieux l’eau dans le sol (moins d’arrosage) et améliore la circulation de l’air. Le produit obtenu est comparable à de l’humus. Cette matière peut se substituer aux engrais de synthèse. Leur fabrication repose sur l’utilisation de ressources minérales non renouvelables (phosphore et potasse) et non disponibles en France.

LUTTER CONTRE LE DEREGLEMENT CLIMATIQUE
En mélange avec les ordures ménagères, ces déchets ont une efficacité énergétique très faible, notamment parce qu’ils sont composés de 60 à 90% d’eau. La collecte séparée des biodéchets permet donc d’augmenter les performances énergétiques des Unités de Valorisation Énergétique et de maîtriser les coûts liés à leur gestion notamment dans le cadre de l’augmentation de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes.
Par ailleurs, en l’absence de tri, sans installation de stockage, les biodéchets fermentent dans un milieu sans oxygène et leur dégradation conduit à l’émission de méthane dans l’atmosphère, un gaz à effet de serre dont l’impact sur le réchauffement climatique est 25 fois supérieur à celui du CO2 (dioxyde de carbone).
Comment vit le sol ?
Le sol met plusieurs milliers d’années à se constituer : la roche-mère, élément minéral, est altérée par l’air et l’eau. Elle se fracture, se délite… Cela permet l’installation de premières plantes pionnières.
Ensuite, la matière organique provenant de plantes mortes et de déjections animales forme une litière.
Décomposables par la faune du sol, elles se transforment en éléments humiques qui alimentent les micro-organismes (bactéries, champignons…) présents dans le sol.
S’installe alors un véritable écosystème, les sols étant à la fois le fruit et la condition de la vie (notamment via le stockage de carbone, la filtration de l’eau et le soutien à la structure de la terre terrestre).
Lorsqu’ils sont utilisés en compostage, les biodéchets participent à cette dynamique vivante du sol en surface.

Les enjeux d’une gestion de proximité
La gestion de proximité des biodéchets consiste à mettre en œuvre des solutions de tri et de valorisation des biodéchets à proximité du lieu de production. Les biodéchets sont le plus souvent constitués de petits flux dont la valorisation peut se faire localement.
DU TRI À LA SOURCE...
Le compostage de proximité est le premier levier à activer. Il répond au respect de la hiérarchie des modes de traitement, au titre de la prévention.
Cette solution est souvent privilégiée pour des raisons de facilité de mise en œuvre à moindre coût. Il s’effectue à une échelle individuelle ou collective (quartiers, pieds d’immeuble, établissements scolaires), généralement en tas, en bac ou avec un lombricomposteur.
Le compostage partagé offre une solution pour l’habitat urbain et peut être fédérateur de liens sociaux. Pour ces deux méthodes, le déchet est traité sur place, il n’y a donc pas besoin de transport.
La collecte séparée peut s’avérer nécessaire pour apporter une solution là où le compostage de proximité ne peut être suffisamment déployé (zones urbaines très denses, flux importants…).
Ces deux solutions sont donc le plus souvent complémentaires mais afin d’obtenir le meilleur bilan carbone, c’est-à-dire la plus faible émission de gaz à effet de serre, il est important de limiter la collecte en bac. En 2023, elle concerne 5 % de la population (25 % pour le compostage domestique).
Il s’agit de permettre aux ménages de trier leurs biodéchets dans des bacs dédiés qui sont collectés en porte-à-porte ou en point d’apport volontaire avant d’être acheminés vers des sites de valorisation.

... À LA VALORISATION FINALE
Pour le compostage centralisé, les biodéchets collectés peuvent être envoyés vers une plateforme industrielle de compostage ou être compostés directement chez des agriculteurs, pour un usage ou une utilisation in situ.
Le principe est le même que pour le compostage de proximité (usage domestique), où les biodéchets se transforment en compost grâce à un processus naturel et lent de fertilisation naturel.
Le compostage reproduit le cycle de la nature, les déchets se décomposent, en présence d’oxygène et d’eau, grâce à des micro-organismes (bactéries, champignons…).
Il existe également la possibilité de méthaniser les biodéchets. Contrairement au compostage, la méthanisation se déroule en absence d’oxygène. Le procédé consiste à stocker des déchets organiques dans une cuve à l’abri de l’air (anaérobie) où agissent des micro-organismes, puis à récupérer le gaz qui s’échappe de la décomposition des matières, le méthane, utilisé comme énergie renouvelable.
Ce processus génère également un digestat (résidu humide) riche en matières organiques qui a vocation à être épandu pour retourner au sol, au même titre que l’humus issu du compostage.